Qui a financé le terrorisme en Syrie ? La France via Lafarge
Les
faits de l'affaire Lafarge
remontent aux années 2013 et 2014. Lors du grand débat télévisé
opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron nous en avions eu un léger
rappel.1
Le futur président avait alors instrumentalisé une information pour
associer le FN au financement du terrorisme islamiste.2
En matière de manipulation le président Macron se montrait beaucoup
plus persuasif à manier la peur que la pertinence du propos. Finalement le 28
juin 2018 l'entreprise Lafarge
a été mis en examen en tant que personne morale pour « violation
d'un embargo », « mise
en danger de la vie d'autrui »,
« financement d'une entreprise
terroriste » et le meilleur pour
la fin « complicités de crime
contre l'humanité ».3
Il s'agit en premier lieu de haute trahison, que tout le monde soit
d'accord avec les termes, financer l'ennemi est de la haute trahison
et les coupables ainsi que leurs complices doivent être traduits en
justice. Pour Emmanuel Macron il n'y avait qu'un seul traître, celui
qui lui servirait à se faire élire, l'épouvantail Jean-Claude
Veillard, le partisan du FN mais aussi proche des services secrets
français (DGSE).4
Cela s'appelle de la désinformation car le gouvernement français
savait mais n'a pas agi malgré de multiples alertes.
Après
le financement de Daesh en Syrie, Lafarge
a continué à vouloir faire des affaires sans se soucier du respect
des droits de l'homme. Nous avons appris que le cimentier
franco-suisse désirait offrir ses services au président Trump pour
l'hypothétique construction de son mur anti-clandestins, le long de
la frontière avec le Mexique. Le patron du groupe, Eric Olsen, nous
rappelait cyniquement que « Lafarge ne
fait pas de politique ».5
Finalement le président Hollande tempéra les ardeurs de Lafarge
qui se retira de ce projet.
Il faut
retenir ici que le FN n'a pas financé le terrorisme islamiste,
Lafarge oui, ceci avec l'assentiment de l'Etat français !
Les propos d'Emmanuel Macron à l'endroit de Marine Le Pen sont
rétroactivement encore plus insensés.
Les dates clés
Le 1er
décembre 2011 le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de
l'homme déclare « la Syrie en état de guerre civile ».
Entre
novembre 2013 et décembre 2014, un accord
entre Daesh et Lafarge est formalisé.
29 juin
2014 instauration par Daesh du « califat » en
Syrie, le chef est Abou Bakr Al-Baghdadi.6
Lafarge
est la seule entreprise française à demeurer en Syrie, Total,
Air Liquide et le fromager Bel7 ayant tous quitté le pays.
Le 20
septembre 2014, le site de LCS est attaquée par Daesh.
Le 21
juin 2016 communiqué de presse de LafargeHolcim,
le
scandale vient de rompre le secret !
Le 22
juin 2016 article du journal Le Monde qui dénonce cette
affaire.
Septembre
2016 dépôt de plainte de Bercy.8
Emmanuel Macron ayant démissionné de son poste au ministère de
l'Economie au mois d'août 2016.
Novembre
2016 dépôt de plainte de l'ONG Sherpa.
16
novembre 2016 communiqué de presse de LafargeHolcim faisant
suite à la plainte de l'ONG Sherpa contre les activités de
leur filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS).
24
avril 2017, communiqué de LafargeHolcim
partageant les conclusions d'une investigation interne reconnaissant
le financement de groupuscules terroristes.
Mai
2017 rapport de TLC et BFA, relatif à la main d'oeuvre mineure
employé par une filiale de LafargeHolcim en Ouganda.
Les acteurs
Eric
Olsen DRH du groupe Lafarge puis à l'issue de la fusion il
devient le PDG de LafargeHolcim jusqu'en 2017. il a été mis
en examen le 7 décembre 2017.
Bruno
Pescheux directeur de l'usine syrienne Lafarge Cement Syria
(LCS), puis Frédéric Jolibois le remplaça durant l'été 2014,
tout deux ont été mis en examen le 1er décembre 2017.
Jean-Claude
Veillard directeur de la sûreté au sein de l'usine syrienne, en
relation avec la Direction
Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE),
il tenait informer ses supérieurs sur le positionnement des troupes
en Syrie. Il a été mis en examen le 1er
décembre 2017.11
Jacob
Waerness, ancien membre des forces spéciales norvégiennes, il était
responsable de la sécurité de l'usine. Mis en examen le 4 mai
2018.12
Firas
Tlass associé et intermédiaire sur le terrain syrien.
Christian
Herrault directeur général adjoint, mis en examen le 8 décembre
2017, il était notamment en contact avec l'ambassadeur français en
Syrie, Eric Chevallier.13
Il a déclaré ceci au journal Le Monde à propos des
différentes factions présentes en Syrie :
« Il
était très clair qu’elles étaient indépendantes et ne voulaient
pas se coordonner. Et il était très clair qu’elles voulaient
taxer ce qui passait par les routes,
poursuit M. Herrault. C’était
clairement du racket, même si c’était les “bons”
qui rackettaient. Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay,
qui nous poussait à rester.
– Vous
vous souvenez du nom de ces milices ?,
demande l’enquêteur.
– Ah
non, elles changent d’allégeance… Ce qui était un peu fou,
c’est que toutes ces milices étaient alimentées en armes et
argent par le Qatar et l’Arabie saoudite, sous le regard américain,
sans aucun discernement. On aime bien mettre des noms sur les choses,
mais là-bas rien n’est si simple… »
Retour à la fusion Lafarge/Holcim
Le
15 juillet 2015, le suisse Holcim
fusionna officiellement avec le français Lafarge,
devenant LafargeHolcim.
Avant cette transaction le groupe français Lafarge
était déjà le numéro un au niveau mondial, cette fusion ne fit
que renforcer cette position sur le marché des matériaux de
construction. Le siège social se situe dorénavant à Jona, en
Suisse, preuve de l'ascendant suisse sur le français Lafarge.
Durant les négociations les intérêts de Lafarge
ont
été géré par Grégoire Heuzé, banquier chez Rothschild
& Cie.14
Emmanuel Macron était alors ministre de l'Economie lorsque cette
transaction a été finalisée avec son accord.
Le
groupe LafargeHolcim
a fait énormément de bruits auprès des observateurs étrangers, de
la Syrie jusqu'en Ouganda, mais malgré cela rien ne les arrête. Le
gouvernement français est resté étonnant placide et impassible
face à ces multiples scandales. Pendant la campagne présidentielle,
nous avons pu entendre qu'un ancien
militant FN, Jean-Claude Veillard, avait financé Daesh en Syrie via
la filiale de LafargeHolcim
afin de pouvoir continuer à se servir de leur usine à Jalabiya. Ces
faits remontent aux années 2013-2014 et ont été dénoncé par Le
Monde au mois de juin 2016 puis
instrumentalisé par Emmanuel Macron pour associer le FN au
terrorisme. Puis plus rien... Ces faits graves de trahison envers la
communauté internationale ont été détourné pour décrédibiliser
Marine Le Pen alors que l'Etat français et Macron lui-même étaient
bien plus concernés.
Entre-temps
le gouvernement français aurait pu prendre une ou plusieurs
sanctions à l'encontre du groupe LafargeHolcim comme
pénaliser la firme d'une amende ou la nationaliser partiellement
pour en assurer la gestion. Le plus choquant, peut-être, est que les
faits n'ont pas été nié par les dirigeants de LafargeHolcim
qui ont reconnu avoir passé un « accord » avec
les forces de l'Etat Islamique afin de poursuivre la production dans
leur usine syrienne de Jalabiyeh jusqu'au mois de septembre 2014.15
L'affaire a été rendu publique au mois de juin 2016. Le
gouvernement au sein duquel Emmanuel Macron était ministre de
l'Economie n'a absolument pas réagi. Finalement, le 24 avril 2017,
nous apprenions la démission du pdg Eric Olsen dans le but de faire
baisser les tensions autour de ces dossier épineux.
Puis suivront de multiples mises en examen fin 2017 dont celle d'Eric
Olsen.
Jacques
Nikonoff est un haut-fonctionnaire et économiste français qui
s'était présenté aux élections présidentielles 2017. Cependant
il n'a pas réussi à obtenir suffisamment de parrainage avec son
parti le PARDEM, Parti de la démondialisation, pour y participer. Le
1er juillet 2016, il écrivait au ministre de l'Economie,
Emmanuel Macron, pour réclamer une investigation et des actions concrètes. Le 23 juin 2016 il avait déjà publié sur son site un « appel à la nationalisation-sanction du
groupe LafargeHolcim ». Aucune réponse n'a été transmise ni
aucune mesure entreprise.16
En revanche Emmanuel Macron s'est montré manipulateur lorsqu'il a
confronté Marine Le Pen à ce dossier, d'une hypocrisie rare, les
français n'ont pas relevé. Les médias ont décrété que Marine Le
Pen avait échoué à convaincre les français alors les français
ont suivi le discours d'un baratineur. Emmanuel Macron n'a eu de
cesse de mentir et de manipuler durant ce grand débat ! Idem
pour SFR ou les chantiers de l'atlantique STX.
Seule
la double démission de deux PDG, Eric Olsen et Bruno Lafont,
peut-être perçue comme une sanction mais couper la tête de l'Hydre
de Lerne et il en poussera d'autres. Notre gouvernement n'a entrepris
les démarches légitimes pour sanctionner juridiquement ou
financièrement le groupe LafargeHolcim en vertu de l'article
411-4 du code pénal qui condamne explicitement « le fait
d'entretenir des intelligences avec une puissances étrangère [...]
en vue de susciter des des hostilités ou des actes d'agression
contre la France ». Il est également prévu de punir « le
fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou à
une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs
agents les moyens d'entreprendre des hostilités ou d'accomplir des
actes d'agression contre la France ». Or le gouvernement
français est resté passif, sans réaction. C'est à se demander ce
que faisait réellement LafargeHolcim puisque les autres entreprises
françaises avaient stoppé leur activité.
Nous
sommes en droit de nous demander quelle était le véritable rôle de
LafargeHolcim
pour persister à rester en Syrie après avoir subi plusieurs prises
d'otages et avoir eu vent d'un attentat éloigné d'une dizaine de
kilomètres ? Y a t-il un lien avec le fait que l'ancienne usine
de LafargeHolcim
en Syrie ait été transformé en base aérienne américaine
illégale ?
Le
candidat Emmanuel Macron en a profité pour utiliser LafargeHolcim
et stigmatiser le FN à cause de l'implication d'un ancien
membre du parti dans le financement de Daesh en Syrie. Jamais
Emmanuel Macron n'a reconnu les graves errements et les décisions du
président François Hollande alors qu'il était lui-même en poste
au ministère de l'Economie à l'époque de ces faits. Non, il a
préféré s'attarder sur un cadre employé de LafargeHolcim
car il était un ancien
membre du
FN. Mais alors pourquoi l'irréprochable Emmanuel Macron n'a pas
développé autour des réelles implications dans ces liaisons
dangereuses entre Lafarge
et Daesh, ou évoqué le scandale de LafargeHolcim
en Ouganda ?
Les responsables
Outre
les responsables mis en examen au sein du groupe LafargeHolcim,
il existe d'autres personnes impliquées. Il suffit de prendre la
chaîne de commandement dans le bons sens avec les postés clés,
dédiés à ce genre d'affaires. Le président de la République, le
ministre des affaires étrangères, de la justice, le ministre de
l'économie, les services secrets via le responsable de la DGSE.
Voici donc la chaîne de commandement, faut-il vraiment citer les
noms ? Ces responsables au comportement irresponsable,
méritent-ils d'être cités ?
150 enfants utilisés comme main d'oeuvre17

Frank
D.
1Le
3 mai 2017, dernier débat télévisé avant le vote à l'élection
présidentielle 2017, opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron.
2Marianne :
L'homme accusé d'avoir supervisé les négociations de Lafarge avec
Daech en Syrie... était candidat FN, 3 mai 2017.
3Le
Monde : Syrie : l’entreprise Lafarge mise en examen pour «
complicité de crimes contre l’humanité », Soren Seelow, 28 juin
2018.
4Le
Monde : Ce
que révèle l’enquête judiciaire sur les agissements du
cimentier Lafarge en Syrie, Soren Seelow, 20 septembre 2017.
5BFM :
Lafarge
ne participera pas à la construction du mur de Trump,
Jean-Baptiste Huet, 23 mars 2017.
6Le
Monde : Les
islamistes de l'EIIL proclament un « califat islamique » entre
l'Irak et la Syrie, AFP, 29 juin 2014.
En 2004, le dénommé Abou Bakr Al-Baghdadi a
été emprisonné en Irak par les américains durant 10 mois avant
de réapparaître et ainsi devenir chef du califat autoproclamé.
7La
Vache qui rit, Babybel, Boursin, Kiri, Leerdammer, Apéricube, Pom'
Potes, Sylphide, Mont Blanc, Gervais, Materne ou encore Confipote.
8Le
Monde : Bercy a saisi la justice au sujet des activités de
Lafarge en Syrie, AFP, 19 janvier 2017.
9Le
Parisien : Lafarge
en Syrie : deux responsables mis en examen, dont l’ex-PDG Bruno
Lafont, 8 décembre 2017.
10Le
Monde : Lafarge en Syrie : mises en examen de l’ancien PDG
Bruno Lafont et de l’ex-directeur général adjoint Christian
Herrault, AFP, 8 décembre 2017.
11Le
Monde : Ce
qu’il faut retenir des mises en examen dans le cadre des activités
de Lafarge en Syrie, 1er décembre 2017.
12Le
Monde : Affaire
Lafarge : un ex-membre des services norvégiens mis en examen,
Soren Seelow, 10 mai 2018.
13De
2009 à 2014 en poste en Syrie. Un autre diplomate français basé
en Syrie à cette époque est concerné, il s'agit de Franck Gellet,
successeur d'Eric Chevallier au poste d'ambassadeur français en
Syrie.
14Les
Echos : La
génération « Macron » plante son drapeau, A.D., 12 janvier
2015.
15Le
Monde : Ce que révèle l’enquête judiciaire sur les
agissements du cimentier Lafarge en Syrie, Soren Seelow, 20
septembre 2017.
16Site
personnel de Jacques Nikonoff : Appel
pour une nationalisation-sanction de Lafarge, 23 juin 2016.
17TLC et
BFA : Child Labour in the supply chain of LafargeHolcim in
Uganda : Unresolved issues, page 15, mai 2017.
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